Comment j’ai commencé

 

Faire de la bière, ça ne s’invente pas… J’ai été intéressé par ce domaine depuis assez jeune (au moment où j’ai découvert que les merdes infectes que la grande distribution nous proposait ne reflétaient pas le panel gustatif que la bière proposait et où j’ai commencé à me bouger pour trouver des produits différents. C’était y’a 10 ans, voilà, le coup de vieux…), et je me suis très vite posé ce constat: c’est pas pour moi, exigeant, cher, prend beaucoup de place que je n’ai pas, et des tonnes d’autres contraintes plus ou moins impactantes.

Mais voilà, je suis un type têtu.

Des copains ont acheté des kits à droite à gauche et m’ont dit que ça me plairait, suivi des stages de premier brassage, je me suis renseigné sur comment se lancer, et là, premier gouffre: plusieurs méthodes de brassages amateur existent… Brassage en kit? A l’extrait de malt (c’est quoi ça…?), ou tout grain (hein?). Concrètement, je me suis recentré sur ce que je voulais faire, à savoir toucher toutes les étapes de la fabrication et ce même si c’est plus dur, plus cher, plus volumineux. En gros je veux partir du grain de céréale et finir en décapsulant le truc qui pique. Donc le brassage tout grain, le plus compliqué, bravo mon gars, quand t’as une idée en tête, tu l’as pas ailleurs.

Première étape, trouver le matériel qui me convient. Bon, là c’est un peu la douche froide, le matériel c’est très vite cher, je m’en sors donc avec environ 650€ de cuves et matières premières après avoir économisé 6-8 mois. Avec le recul, j’aurais du attendre encore 4-5 mois et prendre une taille au dessus pour pouvoir faire des volumes plus importants, mais ça hein c’est une autre histoire….

Bon, je reçois mes trois énormes cartons (le livreur m’a haïs très fort…), je lave avec le soin du débutant le tout, et je me trouve devant un papier explicatif du « kit tout grain » que j’ai acheté pour me faire la main. Concrètement, j’ai compris comment marchait le process de base pour faire de la bière (chauffer du grain concassé dans de l’eau, filtrer pour virer les grains, faire bouillir la soupe filtrée avec du houblon, refroidir et mettre dans une cuve avec des levures pour faire de l’alcool, et rock’n’roll baby!). Là, j’ai sous les yeux une feuille A4 en flamand qui me parle de protéines et de paliers de chauffe, y’a des températures, bref, je capte pas grande chose et je fais quelque chose d’hybride entre la recette flamande et le livre de vulgarisation qu’on m’avait offert quelques temps avant.

Deux à trois semaines plus tard, je me trouve avec une caisse de grenades liquides qui éclatent dans la pièce où elles sont stockées et repeignent mes murs et agglutinent du verre cassé un peu de partout (j’en retrouve encore aujourd’hui).

Bref, si j’avais su, ou été un peu moins têtu: j’aurais au moins demandé à quelqu’un qui a déjà fait de la bière de venir m’assister. J’aurais téléchargé un logiciel de brassage gratuit plus tôt (un brassin explosif et un imbuvable plus tard, je me suis résigné, et là, magie!, on arrive à quelque chose).

Allez, bisous et à plus.

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